Politique et risque

De la canicule au Royaume-Uni à l'écart d'investissement dans l'adaptation mondiale : les défis du capital de risque climatique révélés par le rapport Swiss Re.

Le rapport Swiss Re indique que le Royaume-Uni doit accroître ses investissements pour faire face aux risques de vagues de chaleur. Cet article analyse, du point de vue des marchés émergents, la répartition mondiale des investissements dans l'adaptation climatique, les flux de capitaux et les enseignements pour les pays du Sud global.

Selon le dernier rapport de Swiss Re, le Royaume-Uni doit rapidement s'adapter et investir pour faire face au risque croissant de vagues de chaleur. Cet avertissement est représentatif : même les systèmes d'assurance et d'infrastructure les plus matures au monde n'ont pas suffisamment évalué et adapté les risques physiques du changement climatique. Pour les marchés émergents et les pays du Sud global, ce message est à la fois un signal d'alarme et une opportunité : le déficit d'investissement dans l'adaptation climatique devient une nouvelle variable dans l'allocation mondiale du capital, et ceux qui sauront prendre l'avance dans la tarification des risques et la résilience des infrastructures domineront la prochaine phase de croissance mondiale.

L'étude de Swiss Re se concentre sur l'impact des vagues de chaleur sur l'économie britannique, soulignant que les températures extrêmes aggraveront les risques sanitaires, réduiront la productivité du travail et endommageront les infrastructures, en particulier les réseaux de transport et d'énergie. Les compagnies d'assurance font face à une pression accrue sur les indemnisations, tandis que les gouvernements doivent investir massivement pour réaménager les environnements urbains, améliorer les codes de construction et les systèmes d'alerte précoce. Le rapport souligne que chaque livre sterling investie dans la prévention permet d'économiser plusieurs fois les pertes futures, mais la croissance actuelle des investissements d'adaptation dans le monde est bien inférieure à celle des risques.

Du point de vue du Sud global, le problème est encore plus grave. De nombreuses économies émergentes sont situées dans les régions tropicales et subtropicales, où la fréquence et l'intensité des vagues de chaleur sont déjà plus élevées, et où les infrastructures sont faibles et la pénétration de l'assurance faible. Même lorsque des économies développées comme le Royaume-Uni ressentent la pression, le déficit d'adaptation auquel sont confrontés les pays en développement pourrait atteindre des centaines de milliards de dollars. La Banque mondiale estime que les pays en développement ont besoin d'environ 140 à 300 milliards de dollars par an pour l'adaptation climatique, mais le financement réel n'en représente qu'un dixième.

Ce déficit remodèle les flux de capitaux mondiaux. Des institutions internationales d'assurance et de réassurance, comme Swiss Re, intègrent les risques climatiques dans les notations souveraines et les modèles de tarification des actifs. Cela signifie que dans les pays dépourvus d'investissements d'adaptation, les coûts de financement pourraient augmenter, freinant ainsi le développement des infrastructures et de l'industrie. À l'inverse, les pays qui s'adaptent de manière proactive – en construisant des infrastructures vertes, en adoptant une agriculture économes en eau, en améliorant l'urbanisme – pourraient attirer davantage de capitaux à long terme, en particulier de la part d'investisseurs axés sur les critères ESG et l'investissement durable.

Pour les économies du Sud global, l'adaptation n'est pas une simple dépense, mais une partie intégrante de la stratégie de croissance. Prenons l'exemple de l'Inde et des pays d'Asie du Sud-Est : les systèmes d'alerte aux vagues de chaleur et les solutions de refroidissement peuvent protéger efficacement l'agriculture et les ouvriers du bâtiment, maintenant ainsi la production économique. L'Afrique a également besoin d'augmenter la couverture végétale urbaine pour réduire l'effet d'îlot de chaleur. Cependant, la part actuelle des fonds climatiques internationaux consacrée à l'adaptation est inférieure à un tiers, et la plupart sont destinés aux pays à revenu intermédiaire, tandis que les pays les moins avancés ne reçoivent qu'un financement limité.

L'appel de Swiss Re au Royaume-Uni établit en réalité une référence mondiale : lorsque les investissements d'adaptation sont considérés comme un élément clé de la compétitivité nationale, les priorités en matière de capitaux et de politiques s'ajustent en conséquence. Les pays des marchés émergents peuvent en tirer deux leçons essentielles : premièrement, établir dès que possible des bases de données sur les risques climatiques et des mécanismes d'évaluation transparents afin de réduire les coûts d'assurance et de crédit ; deuxièmement, intégrer des conceptions d'adaptation dans les projets d'infrastructure pour éviter des coûts de réparation plus élevés à l'avenir.De plus, les investissements d’adaptation offrent des opportunités industrielles. Les technologies de refroidissement, les matériaux de construction résistants à la chaleur, les systèmes d’alerte précoce et les produits d’assurance verte, entre autres, créeront de nouveaux marchés. Les entreprises multinationales recherchent des sites de production dotés de résilience climatique, ce qui poussera indirectement les chaînes d’approvisionnement à se déplacer vers des régions mieux adaptées. Par conséquent, pour le Sud global, l’adaptation au climat n’est pas seulement une défense passive, mais aussi un ticket d’entrée pour participer activement à la reconfiguration des chaînes industrielles mondiales.

Dans l’ensemble, le rapport de Swiss Re nous rappelle que les risques du changement climatique ont déjà franchi les frontières et constituent un facteur systémique de stabilité financière. Le déficit d’investissement dans l’adaptation des économies développées avertit le Sud global de la nécessité d’une coopération internationale et d’une mobilisation de capitaux plus importantes. Au cours de la prochaine décennie, ceux qui feront la différence dans les investissements d’adaptation prendront une longueur d’avance dans le paysage de la croissance mondiale.

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Liens des sources

  1. https://www.insurancetimes.co.uk/news/britain-must-adapt-and-invest-as-heat-risks-intensify-swiss-re/1458902.articlePrincipale

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