Marches emergents
Perspectives des marchés émergents 2026 : devenir un pivot clé dans un ordre mondial en fragmentation
Selon Triodos IM《2026年新兴市场展望》, le PIB des marchés émergents devrait maintenir une croissance de 4 %, mais la concurrence géopolitique, la lutte pour les ressources et l'aggravation des inégalités mettent à l'épreuve leur voie de développement durable et inclusif.
Les marchés émergents dans la reconfiguration du pouvoir mondial
La Banque mondiale et le Fonds monétaire international n'ont cessé de souligner ces dernières années une tendance : le centre de gravité de l'économie mondiale se déplace lentement mais sûrement des économies avancées vers le Sud. Le dernier « Perspectives des marchés émergents 2026 » publié par Triodos Investment Management confirme une nouvelle fois ce diagnostic — les marchés émergents passent de la périphérie du système mondial vers son centre, devenant une variable clé dans la définition du programme de développement de la prochaine décennie.
Le système traditionnel d'alliances mondiales se desserre, et la concurrence entre les États-Unis et la Chine s'intensifie dans le domaine des ressources naturelles stratégiques. Les minéraux comme les terres rares, le lithium, le cobalt et le cuivre ne soutiennent pas seulement l'expansion de la puissance de calcul de l'IA et la transition énergétique ; ils deviennent également un point focal de la rivalité entre grandes puissances. Or, ce sont précisément les marchés émergents qui détiennent le pouvoir sur ces ressources. Des économies comme la Chine, l'Inde et le Brésil ne se contentent plus d'être des récepteurs passifs des politiques des pays développés ; elles façonnent désormais activement les règles internationales en s'appuyant sur leurs dotations en ressources et la taille de leur marché.
Derrière la résilience de la croissance, des divergences structurelles
Le rapport prévoit que la croissance du PIB des marchés émergents se maintiendra autour de 4 % en glissement annuel en 2025 et 2026. Ce chiffre est particulièrement frappant dans un contexte de ralentissement économique mondial. Au début de 2025, de nombreux pays ont accéléré leurs exportations vers les États-Unis pour contourner les droits de douane, faisant des exportations un moteur important de la croissance à court terme. Mais à mesure que la politique tarifaire américaine se poursuit, les économies asiatiques commencent à se tourner vers d'autres marchés, et la configuration commerciale est en train de se redessiner.
La résilience ne signifie pas l'équilibre. Des pays à faible revenu comme la Birmanie et la Bolivie accusent un net retard en raison de conflits, de troubles sociaux et de l'aggravation des inégalités. La divergence de croissance au sein des marchés émergents est devenue une norme : l'Asie bénéficie des investissements liés à l'IA et des progrès technologiques, avec un secteur des services dynamique ; en revanche, certains pays d'Afrique et la région de l'Europe de l'Est restent entravés par une inflation élevée due aux contraintes de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.
L'inflation mondiale a globalement reflué, en particulier en Asie. En 2026, l'inflation des marchés émergents devrait baisser à environ 5 %. Des politiques monétaires prudentes menées par les banques centrales et une gestion budgétaire améliorée contribuent à stabiliser les anticipations d'inflation. Néanmoins, les pressions inflationnistes structurelles ne sont pas éliminées ; la sécurité alimentaire et la stabilité sociale restent des maillons fragiles.
Bouleversements commerciaux et court-termisme des flux de capitaux
L'augmentation des droits de douane imposée par les États-Unis accélère la restructuration des chaînes d'approvisionnement mondiales. Les marchés émergents ne dépendent plus uniquement de leurs partenaires commerciaux traditionnels ; ils recherchent de nouveaux partenaires et de nouvelles sources d'investissement. Ce réajustement est à la fois un défi et une opportunité pour approfondir la coopération régionale. Des mécanismes tels que l'ASEAN et la Zone de libre-échange continentale africaine pourraient jouer un rôle plus important dans la réorientation des échanges commerciaux.
Pour ce qui est des entrées de capitaux, des politiques intérieures solides et le besoin de diversification des risques incitent les capitaux à se diriger vers les marchés émergents. Il convient de noter qu'au début 2025, les fonds d'investissement durables ont surperformé les fonds traditionnels, ce qui indique que les thèmes ESG sont soutenus par des performances réelles. Cependant, les entrées de capitaux sont principalement de nature à court terme et ne contribuent que de manière limitée à la construction d'infrastructures et à la constitution de capacités de production à long terme. De véritables investissements structurels nécessitent encore des garanties institutionnelles plus fiables et une plus grande certitude politique.
L'arène de la concurrence : ressources, IA et transition énergétique L'essor fulgurant de l'IA et le processus mondial de décarbonation énergétique ont accru la demande de minéraux critiques. En tant que détenteurs de ces ressources, les marchés émergents ont vu leur position dans les chaînes d'approvisionnement mondiales se renforcer considérablement. Cependant, les pays exportateurs de ressources sont souvent confrontés au risque de la « malédiction des ressources » : volatilité des prix, lacunes de gouvernance et coûts environnementaux. Le rapport rappelle que les partenariats des grandes puissances avec les marchés émergents reposent de plus en plus sur des intérêts d'investissement plutôt que sur l'aide au développement, et qu'ils manquent de mécanismes garantissant la durabilité.
C'est une épée à double tranchant. La demande de ressources peut générer des revenus d'exportation et des investissements dans les infrastructures, mais elle peut aussi exacerber la corruption et les conflits. La transformation des revenus des ressources en une structure économique diversifiée est une question à long terme à laquelle les marchés émergents doivent répondre. Les investisseurs à long terme, lorsqu'ils soutiennent des projets miniers, doivent intégrer les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leur cadre d'investissement, afin d'éviter que les gains à court terme n'érodent la valeur sociale à long terme.
L'ombre des inégalités et la nécessité d'une croissance inclusive
Les fruits de la croissance des marchés émergents n'ont pas été partagés équitablement. La révolution de l'IA et la recomposition des échanges commerciaux pourraient creuser le fossé des compétences et les écarts de revenus. Les pays à faible revenu, les jeunes et les travailleurs de l'économie informelle risquent davantage d'être marginalisés. Le rapport souligne que le potentiel à long terme des marchés émergents dépend de la répartition équitable des bénéfices économiques et de la création de suffisamment d'emplois décents.
Ce n'est pas seulement une question morale, mais aussi une question de durabilité économique. Une croissance tirée par la demande intérieure exige une expansion continue de la classe moyenne, et cet objectif ne peut être atteint que par des investissements dans l'éducation, la santé et la protection sociale. Les stratégies de croissance inclusive peuvent également renforcer la cohésion sociale et réduire les risques d'instabilité politique. Triodos souligne tout particulièrement que l'investissement à impact, l'inclusion sociale et la gestion environnementale doivent faire partie intégrante des stratégies d'investissement.
Le point de vue des investisseurs à long terme : de la volatilité à court terme à la qualité de vie
Les gouvernements doivent faire face aux enjeux de sécurité et de défense, tandis que les investisseurs à long terme devraient se concentrer sur des indicateurs concrets d'amélioration de la qualité de vie. L'éducation, les énergies propres, les infrastructures numériques et la finance inclusive sont à la fois des maillons faibles du développement social des marchés émergents et des gisements de valeur pour l'investissement.
Le rapport appelle à une redirection des capitaux mondiaux pour faire face à la superposition des risques géopolitiques, écologiques et sociaux. Traditionnellement, les investisseurs considéraient les marchés émergents comme une classe d'actifs alternative à forte volatilité et à rendement élevé. Mais les marchés émergents d'aujourd'hui ne sont plus ce qu'ils étaient : ils disposent de réserves de change plus abondantes, d'une gestion budgétaire plus prudente et d'une plus grande capacité de réponse politique. Ces améliorations des fondamentaux offrent une base plus solide pour l'investissement à long terme.
Dans les années à venir, le centre de gravité de la croissance mondiale penchera davantage vers les marchés émergents. Mais ce basculement n'apportera pas automatiquement la prospérité. Les pays qui sauront gérer la concurrence pour les ressources, les réformes intérieures et les chocs extérieurs deviendront véritablement des « points d'ancrage » de l'ordre mondial ; tandis que les économies embourbées dans les conflits et les inégalités pourraient être encore plus marginalisées.
Pour les chercheurs et les investisseurs qui s'intéressent au Sud global, 2026 pourrait être un tournant : les marchés émergents ne sont plus synonymes de « risque », mais un terrain d'essai essentiel pour la croissance et le progrès social mondiaux à venir.*Cet article est rédigé sur la base de l'analyse « Emerging Markets Outlook 2026 » publiée par Triodos Investment Management. Lien original : https://www.triodos-im.com/articles/2025/emerging-markets-outlook-2026*
Note locale sur les sources · emergingpost
emergingpost replace cette note dans Emerging Post propose des analyses rigoureuses et lisibles sur les marches emergents, les tendances de l ID... (Marches emergents / Investissement et IDE / Politique et risque explique l'angle éditorial local). dates, noms et changements de statut restent à vérifier; les Liens des sources doivent être ouverts avant de reprendre le résumé.